Le village des 2 chemins

Le nom actuel de « Béage » ne daterait que de 1790, époque où Le Béage a été érigé en commune. L’hypothèse la plus vraisemblable sur les origines du Béage viendrait de Bizadge-Bizadgis, c’est à dire « le village aux deux chemins« . En effet, l’ancien chemin de Montpezat se divise au coeur du village, en deux directions : celle de Chabanis (route du Puy) et celle du Chastelas (ancien chemin d’Issarlès).

Le Château du Béage

On ne peut évoquer Le Béage sans parler du Château du Chastelas et de la Chartreuse de Bonnefoy.

En effet, au dixième siècle, on signale un château féodal situé en bas du bourg et dominant la Veyradeyre ; il fut occupé par le noble Cérenton, Seigneur du Béage, qui prit part à la première croisade et mourut sous les murs de Jérusalem.

Personnages célèbres

Né au Béage en 1785, Jean Antoine Souteyran abandonne la ferme familiale en 1805 pour s’engager dans l’Armée Napoléonienne qui vient de triompher à Austerlitz. Lors de la bataille d’Iéna, il fait partie des fantassins attaquants et survivants. Il participe à de nombreuses batailles en Prusse puis en Espagne. Son courage et ses faits d’arme le font gravir les échelons de la hiérarchie militaire ; il devient officier dans l’armée napoléonienne. En 1813 il est premier porte-aigle du 64e d’infanterie ; puis en 1814 il est le porte-drapeau au 60e régiment d’infanterie. En 1831, il devient  chevalier de la Légion d’honneur puis reçoit la médaille de Saint-Hélène en 1857. Losqu’il quitte définitivement l’Armée à l’âge de 47 ans, les béageois font de cet homme héroïque le maire de la commune; fonction qu’il occupera avec beaucoup de coeur, jusqu’à ce qu’on se fils, puis son petit fils prennent sa succession.  Sa tombe est visible aujourd’hui au cimetière du Béage.
Né au Béage en 1810, Régis Breysse devient berger dès 7 ans, comme la plupart des enfants pauvres de la montagne. Le jeune Régis, pendant qu’il garde les troupeaux, passe une partie de son temps à sculpter des branches, des bouts de bois, pour confectionner toutes sortes d’objets sculptés. Un jour, son maître, Monsieur Valette, découvrit le talent du jeune berger qui s’avérait être un véritable sculpteur, un ingénu autodidacte de grand talent.
Il est d’abord employé par l’industrie coutelière locale, pour qui il confectionne des manches de couteaux. Mais lorsqu’au Puy-en-Velay, il reproduit admirablement des objets d’art sur le bois, la pierre ou avec de l’argile, il est pris sous la protection de notables locaux qui comprennent que Régis Breysse est un véritable artiste.
Il part pour Lyon, suit des cours aux Beaux-arts, puis se rend à Paris à l’âge de 28 ans.
D’abord employé par l’atelier de David d’Angers, puis admis à l’école des Beaux arts, le berger du Béage devient un sculpteur de renom. Son talent et sa notoriété lui permettent de vivre confortablement, bien loin de la vie rude de la montagne ardéchoise.
Parmi ses œuvres les plus célèbres :
« le bœuf et l’étable » , bas relief
« Défense de la redoute par Rampon », bas relief
« le christ en croix » de l’église d’Aubenas.
Régis Breysse connaît une fin tragique.
Déçu de n’être point choisi pour réaliser la sculpture d’Olivier de Serres à Villeneuve-de-Berg, il détruit toutes ses œuvres et se laisse aller à une vie dissolue, consommant de l’absinthe et dépensant le peu d’argent qu’il lui reste.
Il se retrouve à Bicêtre et vit ses derniers jours dans cet asile en juillet 1860.
Il meurt trop trop tôt pour créer l’œuvre à laquelle son talent aurait pu le conduire.
Gérenton du Béage , seigneur du Béage prit la croix pour se joindre à la première croisade en 1095 après la prêche du pape Urbain II à Clermont. Il ne rentrera jamais au Béage, succombant devant les murs de Jérusalem. Ses derniers mots furent pour Arthur de Bermond, à propos de sa fille Iseult : « soyez son protecteur et son chevalier ».

La Chartreuse de Bonnefoy

Chartreuse_de_Bonnefoy_en_1818La Chartreuse de Bonnefoy fut fondée en 1150 par Guillaume de Jourdain, Seigneur du Fay et du Mézenc, qui permit aux Chartreux de s’établir sur les bords de la Veyradeyre. Pendant 600 ans, elle résista aux rudes hivers des siècles passés et aux tumultueux assauts des pillards et huguenots.

La révolution de 1789 en eut raison. Cependant, on peut voir encore les ruines de la Chartreuse au coeur de la forêt domaniale du Béage, sur la route départementale RD178 qui conduit aux Estables, en Haute-Loire.

Un village relais sur le chemin du Pal

De Montpezat-sous-Bauzon au Monastier avait existé un chemin très ancien venant de la vallée du Rhône appelé Chemin du Pal. Jules César serait, par ailleurs, passé non loin du village (peut être à l’intérieur) pour aller affronter les Arvernes avec ses légions. Le temps les auraient d’ailleurs forcés à fournir de nombreux efforts pour fourrer la neige à coup de bouclier.

Situé à mi-chemin, Le Béage connut un commerce renommé car ce village était un véritable relais pour les muletiers et autres charretiers qui depuis le midi, se rendaient au Puy-en-Velay. On dénombrait d’ailleurs un grand nombre d’auberges.

Après la révolution, les royalistes étaient encore très nombreux dans la région, et des troupes du Puy-en-Velay durent venir en renfort des forces locales pour maintenir l’ordre.

La vie au Béage

De nombreux foires et marchés attiraient une grande foule au Béage où la plupart des habitants étaient à la fois paysans, commerçants, voituriers et bien souvent propriétaires de débit de boissons. On en comptait encore une trentaine dans les années 1940.

Dans les années 1830, la population était environ de 2 400 habitants puis de 1 550 dans les années 1900 et le nombre d’habitants aujourd’hui est de 318. Ce commerce laisse supposer que les origines du Béage remontent loin dans le temps car certains noms: « Chazales », de Casa, Casals : les maisons, « Crouste », de grottes, maisons dans la terre, « Chabanis », pour les cabanes, témoignent de très anciennes implantations d’habitats. C´est certainement le regroupement des habitants à la croisée des deux chemins qui a donné naissance au village du Béage.

Dans le village du Béage, on peut aussi visiter l’église dédiée à Saint-Pierre qui fut construite en 1862. La fontaine, située près de l’église, date de 1910.